2016 : Des toilettes mais pas que…

A l’été 2016, Enouama participait à la construction de toilettes sèches dans le village d’Akata Kanan à la périphérie de Kpalimé dans la région des Plateaux au Togo. Cette initiative s’inscrit dans une logique mondiale de « garantir l’accès de tous à l’assainissement » (Programme de développement durable des Nations Unies, Objectif #6) (1).

   

Le 19 novembre 2001, fut fondée l’Organisation mondiale des toilettes (OMT), le même jour, se tenait le premier Sommet mondial des toilettes. Il faudra attendre 2013 pour que le 19 novembre devienne LA journée mondiale des toilettes avec l’adoption d’une résolution par l’ONU (2). Cette journée vise à sensibiliser la population mondiale sur la crise de l’hygiène publique et l’absence d’accès aux sanitaires pour certains.

En effet, bien que l’accès aux sanitaires dans notre monde occidental ne soit plus un problème pour la plupart d’entre nous, il reste une priorité dans d’autres régions du monde. Comme le rappelle l’OMT : « 40% de la population mondiale n’a pas accès aux toilettes » (2). Au Togo, dans la région des Plateaux – dans laquelle se trouve notre petit village d’Akata Kanan 52% des concessions visitées par la Division de l’Assainissement de Base demeuraient sans latrines, selon un rapport de 2015 (3). Banal pour nous, l’accès à des « toilettes propres et sûres » garantit « la santé, la dignité et le bien-être » comme le souligne l’OMT (2). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), maintenant les maladies diarrhéiques sont la quatrième cause de mortalité au Togo (4). Elles sont définies par « au moins 3 émissions de selles molles ou liquides dans une journée » (5) et peuvent s’avérer mortelles dans des pays à faibles revenus. En effet, elles aggravent la malnutrition et peuvent conduire à une déshydratation sévère. Cette infection se transmettrait « par le biais de l’eau ou d’aliments contaminés, ou d’une personne à l’autre en cas d’hygiène insuffisante » (5). La construction des latrines à Akata répondait à un besoin en terme d’hygiène publique donc, mais aussi à une demande de commodité que souhaitait les habitants du village.

D’après Marcellin, ancien président de l’association Enouama et maintenant membre de droit : « avant il n’y avait pas du tout les toilettes, du coup tout se passait dans  nature ». Aujourd’hui, « 98% (des habitants) du village les utilisent. Les 2% restant c’est plus les gens qui sont tout le temps au champs et qui font leurs besoins dans la brousse et autres, mais quand même qui profitent le soir en rentant. ». Nous n’avons pas non plus résolu toute la problématique qu’est l’accès à des toilettes partout… mais au moins nous avons résolu le problème à l’échelle du village – ce qui était bien notre but au départ ! « D’ailleurs ils nous disent merci tout le temps pour cette action » comme le souligne Marcellin qui a participé avec nous à la construction. Ouf !

Le président actuel du CVD (comité villageois de développement), Komi de son prénom togolais, nous témoigne que « les latrines sont bien utilisées » ; « une équipe s’en charge (…) (et) veille à ce que les utilisateurs les tiennent propres et que les ampoules fonctionnent ». A ma question « Comment les habitants faisaient avant ? », Komi me répond « avant il y avait une latrine pour les hommes et une pour les femmes, mais maintenant nous sommes soulagés » – nous aussi ! Il conclut : « la plupart d’entre elles sont en bon état » ; « la population est très contente de ce que vous avez fait, même les habitants des villages voisins nous envient ». Enfin, il me confirme que les latrines sont faciles d’accès, seules « quelques têtes » ne les trouveraient pas accessibles, « ce qui n’ont pas l’habitude d’utiliser ce type de latrines », « ils disent que c’est à cause de leur maux de rein »…Globalement je crois que c’est mission réussie pour Enouama… !

Or, en plus de « l’amélioration de l’assainissement » (4), l’OMS préconiserait, en vue de prévenir l’apparition et la transmission des maladies diarrhéiques et plus généralement infectieuses, une « éducation sanitaire sur les modalités de propagation des infections » (4). Un des enjeux de notre mission 2018 serait donc de sensibiliser les villageois d’Akata à la question de l’hygiène. Deux volontaires, étudiantes en pharmacie, proposent de constituer un « kit hygiène » qui sera mis à disposition des habitants du village. Des journées de prévention seraient mises en place pour les sensibiliser aux mesures d’hygiène, à l’utilisation du préservatif pour lutter contre le VIH, voire à une initiation aux premiers secours ! Pas mal non ?

Léa Dupouy – Secrétaire Enouama

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FAIRE UN DON

 

(1) http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/

(2) http://worldtoilet.org

(3) http://sante.gouv.tg/sites/default/files/documents/annuaire_2015_15-06- 16_vf.pdf

(4) http://www.who.int/gho/countries/tgo.pdf?ua=1

(5) http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs330/fr/

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